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Commentaires à propos du tome 10

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L’adoubement

C’est au XIème que l’Eglise s’est emparée progressivement de la cérémonie d’adoubement des chevaliers, pour en faire un sacrement religieux. La cérémonie primitive ressemblait à ce que j’ai décrit dans le livre, avec notamment la longue énumération des recommandations faites aux futurs chevaliers.

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Relations entre le roi Henri et Guillaume le duc de Normandie

Si le roi Henri avait soutenu Guillaume de Normandie militairement à la bataille de Val-ès-Dunes, rapidement il va se montrer jaloux des succès grandissants du jeune duc et il finira par s’allier à Geoffroy-Martel d’Anjou pour tenter de vaincre Guillaume. Les affrontements militaires décrits dans le livre se sont bien produits, un soldat normand allant annoncer à proximité du camp du roi Henri la défaite de son frère Eudes à Mortemer. L’histoire n’a pas retenu le nom de ce messager moqueur, j’en ai profité pour imaginer qu’il se nommait Igor. Eudes, quant à lui, s’est bien enfui après sa défaite à Mortemer. Ainsi le roi Henri ne connut que des échecs à chaque fois qu'il s'opposa au duc Guillaume et nous verrons dans le tome 11 que ses déboires ne sont pas terminés.

Les Normands en Italie

La famille Drengot ou Quarrel-Drengot

Cette famille est originaire des Carreaux près d'Avesnes-en-Bray, à l'Est de Rouen. Le premier membre connu est Osmond, qui est banni pour le meurtre d'un proche du duc Richard de Normandie. Il quitte le duché normand en compagnie de quatre frères, Giselbert, Rainulf, Asclettin et Raoul, et se rend en Italie méridionale en 1016, à la tête d'une bande armée d'environ 250 Normands, chargés de servir comme mercenaires les ducs et princes locaux. Après des combats plus ou moins heureux dans la région et vraisemblablement le décès d’Osmond et Giselbert, c’est Rainulf Drengot qui obtient le comté d'Aversa du duc Sergius de Naples et du prince lombard Pandulf, en 1029 : c'est le premier établissement permanent en Italie des Normands venus du duché. En 1037, son titre est officiellement reconnu par l’empereur Conrad II, puis vainqueur des Byzantins en 1038, Rainulf se déclare « prince d’Aversa ». Il meurt en 1045 et c’est son neveu, Asclettin II d’Acerenza (le fils de son frère Asclettin) qui lui succède, mais ce dernier meurt en 1046 et c’est son frère, Richard (donc un autre neveu de Rainulf) qui lui succède. Richard fait alliance avec Onfroi d’Apulie et ce sont ces deux chefs normands qui battront le pape Léon IX et ses troupes à Civitate. Dès lors les deux grandes familles Normandes d’Italie s’allieront, Richard épouse Frédésente la sœur d’Onfroi et Robert Guiscard. Richard prend Capoue en 1058.

La famille de Hauteville

Le seigneur normand, Tancrède de Hauteville, eut une douzaine de fils. L’ainé héritant du fief, les suivants émigrèrent pour la plupart en Italie où ils s’illustrèrent particulièrement. Guillaume de Hauteville, né autour de l’an 1005, dit Guillaume Bras-de-Fer est le premier de ces "émigrants". N’étant pas désigné par son père pour hériter du fief familial, Guillaume quitte le duché normand accompagné de son frère Drogon et d’une petite troupe de volontaires du Cotentin pour se rendre en Italie méridionale vers 1035. Il entre tout d’abord au service de son compatriote Rainulf Drengot, le comte d'Aversa, puis du prince lombard Gaimar IV de Salerne dont il épouse peu de temps après la nièce, la princesse Gaitelgrima de Sorrente. Il sert ensuite les Byzantins, mais à la fin de l’année 1040, il fait partie des mercenaires révoltés, mécontents de leurs conditions et de leurs soldes. Il abandonne les troupes byzantines avec la totalité des Normands et une grande partie de la garde varangienne. Dès cet instant, les Normands décident de combattre pour leur propre compte, entamant la conquête de l'Apulie sur les Byzantins. En septembre 1042, élu chef des Normands d'Apulie par la majorité de ces derniers, il devient le 1er comte normand d'Apulie avec Melfi pour capitale et fait le partage de cette ancienne possession byzantine comme un véritable butin de guerre, entre 12 « barons » normands. Son pouvoir est reconnu officiellement par Salerne et c'est alors qu'il combat les Byzantins pour son propre compte, agrandissant ainsi les zones de domination normande en Italie du Sud. En 1043, il est vainqueur des Byzantins à Venosa. En 1044 il est rejoint par son autre frère Onfroi, arrivé en Italie avec quelques dizaines de guerriers qui se mettent à son service. Après avoir vaincu les Byzantins à trois reprises, il s’autoproclame « roi en Apulie » et meurt peu après le siège de Trani de mai 1046 sans postérité connue.

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La forteresse de Melfi : la place forte des Normands d'Italie

Son frère Drogon lui succède en 1046 dans son comté normand de la Pouille. Il prend Bénévent en 1047, se proclame « duc et maître de l'Italie, comte des Normands et de toute l'Apulie et de la Calabre », son pouvoir est officiellement reconnu par Guaimar de Salerne qui lui avait déjà donné l’une de ses filles pour épouse, Altrude de Salerne, et il est investi par l’empereur germanique Henri III le Noir. Il continue la lutte contre les Byzantins et étend la domination normande vers le sud de l'Italie mais, victime d’un complot anti-normand, il est assassiné en août 1051 par un Grec, dans l'église de Montoglio alors qu'il se préparait à combattre une dangereuse coalition composée du pape Léon IX, de Henri III le Noir et des Byzantins d’Italie.
Son frère Onfroi lui succède. Dès son avènement, il commence par punir violemment les instigateurs de l'assassinat de son frère, faisant scier vif le principal meurtrier ! Il doit surtout faire la guerre à une importante coalition anti-normande menée par le pape Léon IX, très hostile aux Normands et allié au Saint-Empire romain germanique et aux Byzantins. Associé au prince normand Richard d'Aversa, Onfroi est victorieux à Civitate le 18 juin 1053, et capture le pape qui est fait prisonnier. Il meurt en août 1057, laissant de jeunes fils, Abagelard et Herman qu’il eut d’une princesse lombarde de Sorrente et qu’il confie à son frère Robert Guiscard avant de mourir.
En 1057, Robert Guiscard succède à Onfroi comme comte d'Apulie, évinçant ses deux neveux, Abagelard et Herman. Il entreprend alors, en compagnie de son jeune frère Roger, surnommé « Bosso », récemment arrivé en Italie, la conquête totale de l'Apulie, conquête qu'il achève hormis l'extrème Sud resté aux mains des Byzantins. Il commence également à s'attaquer à la Calabre pendant que Richard d'Aversa fait main-basse sur la principauté de Capoue qu'il place sous son autorité.

Les affaires de l’Eglise

La bataille de Civitate est rapportée dans le livre comme elle est décrite dans les manuels d’histoire. Les soldats souabes de l’empereur ont effectivement traité avant la bataille les Normands de « nains ». Cela ne leur a pas porté bonheur car comme nous le rapportons dans le livre, ils furent tous décimés par les armées normandes.
Le grand schisme d’Orient eut bien lieu en 1054, mais l’événement passa relativement inaperçu, les prélats du pape et le patriarche de Constantinople, s’excommuniant les uns les autres. Dans les années qui suivirent, ces excommunications furent d’ailleurs levées (sans intervention connue d’une certaine Tibelle), le schisme ne fut effectif que lorsque les croisés prirent Constantinople au XIIème siècle.
Le pape Léon fut le premier des papes réformateurs qui s’efforcèrent d’assainir les pratiques de l’Eglise. S’il est bien mort l’année précisée dans le livre, j’ai inventé l’insuffisance rénale qui l’emporta. Son successeur, le pape Victor, nommé par l’empereur Henri, poursuivit la politique de réforme, conseillé en cela par Hildebrand qui sera pape à son tour quelques années plus tard.

La médecine et l'astronomie

Les accouchements de la duchesse Mathilde de Normandie et de la reine Anne de Kiev, semblent s’être passés sans réel problème. J’ai inventé l’épisode des « mains de fer » de Jason. Le forceps ne fut inventé qu’au XVIIème siècle par une famille de médecins anglais d’origine huguenote française (les Chamberlen). Jason est donc très en avance sur son temps dans notre livre. Seule la courbure céphalique de l’instrument fut proposée sur l’instrument primitif, la courbure pelvienne sera apportée un siècle plus tard par Levret en France et par Smellie en Angleterre. Pendant ce temps-là les curés utilisaient depuis longtemps une seringue courbe (dite plus tard seringue de Mauriceau) pour baptiser in utéro les enfants morts dans le ventre de leur mère. Je ne sais pas si c’est cette courbure qui inspira les obstétriciens et qui leur fit comprendre qu’il fallait ajouter la même courbure (dite pelvienne) au forceps pour atteindre plus facilement le crâne des enfants, mais je me suis laissé aller à l’imaginer dans le livre.

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Je n'ai pas inventé l'apparition de l'étoile dans le ciel signalée par Guy. Selon son appellation normalisée, SN 1054 est une supernova dont l'explosion a été observée à partir du mois de juillet 1054, pendant une durée d'environ deux ans, elle fut même visible en plein jour pendant plusieurs semaines. De nombreux documents du monde chinois relatent son observation, qui est également attestée par un document en provenance du monde arabe. Les vestiges de cette explosion ont été « retrouvés » et sont toujours visibles aujourd'hui à l'aide de téléscopes : c'est la nébuleuse du Crabe. Ainsi Guy, à qui ce curieux phénomène n'a pas échappé, a pu le montrer à Icarius, qui l'a lui-même montré au roi Henri.

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La nébuleuse du Crabe : restes actuels de l'explosion de la supernova de 1054

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